Découvrir cet instrument millénaire aide à comprendre son parcours unique. Inventé officiellement en 1853 par Giuseppe Donati en Italie, il puise pourtant ses racines dans des flûtes globulaires trouvées en Mésoamérique, en Asie, en Afrique et en Europe.
Notre guide présente une vision claire de cet objet musical. Vous y trouverez des articles qui expliquent sa fabrication, sa forme singulière souvent comparée à une petite oie, puis les techniques de jeu. Cet instrument a traversé les âges, s’adaptant aux cultures et aux besoins des musiciens.
Ce premier volet pose les bases pour comprendre la qualité sonore et le geste du musicien. Il propose des pistes pour approfondir l’histoire, la pratique et l’évolution de cet instrument fascinant.
Ocarina : définition, sens, origine et fonctionnement
La petite cavité de cet instrument cache un principe acoustique fascinant. Classé comme résonateur de Helmholtz, il appartient à la famille des flûtes globulaires à conduit.
Fonctionnement : on souffle dans une embouchure dédiée. L’air mis en mouvement vibre dans la cavité. Ces vibrations créent des timbres purs et souvent mélancoliques, capables d’exprimer une large palette d’émotions.
Caractéristiques :
- Forme ovoïde et absence de clés — une conception simple pour le débutant.
- Le fonctionnement en résonateur de Helmholtz détermine la hauteur du son selon le volume d’air.
- La sonorité peut paraître nostalgique, parfois poignante selon l’interprétation.
L’ocarina reste un instrument de musique accessible. Sa technique repose davantage sur le souffle et les doigtés que sur une mécanique complexe. On comprend ainsi pourquoi il a traversé les siècles et les cultures.
Les racines ancestrales de la flûte globulaire
On retrouve des traces d’instruments globulaires sur plusieurs continents, révélant une histoire bien plus ancienne que celle de l’Europe moderne.
Des vestiges en terre montrent que des peuples éloignés les uns des autres fabriquaient déjà des objets sonores simples. Ces pièces en argile présentaient une forme sphérique qui facilite la production de notes pures.
Les vestiges africains
En Afrique centrale, des fouilles ont révélé un sifflet en terre cuite vieux de 30 000 ans. Ce petit objet préfigure les principes acoustiques d’un instrument plus tardif.
La découverte de Runik
Au Kosovo, l’ocarina de Runik, mis au jour en 1966, mesure environ 8 centimètres et comporte quatre trous. Daté du Néolithique, il a plus de 8 000 ans.
- Des flûtes globulaires de 12 000 ans ont été retrouvées en Égypte.
- Ces pièces permettaient déjà de jouer quelques notes et témoignent d’une maîtrise musicale ancienne.
- Leur forme globulaire et leur fabrication en terre rappellent les caractéristiques des ocarinas modernes.

Les recherches confirment que plusieurs cultures ont développé ces objets de manière indépendante. Ainsi, la filiation entre ces instruments anciens et l’ocarina moderne apparaît comme le fruit d’évolutions parallèles.
L’influence des civilisations mésoaméricaines et asiatiques
Plusieurs civilisations ont modelé des flûtes globulaires aux usages rituels et quotidiens. Ces objets partagent une simplicité de forme qui favorise leur diffusion et leur adoption rapide d’un peuple à l’autre.
Le rôle du xun chinois
Le xun est un instrument chinois utilisé depuis plus de 7 000 ans. Il se joue en soufflant sur le bord extérieur, une technique différente de celle des ocarinas modernes.
En Amérique, les Chibchas de Colombie fabriquaient des flûtes globulaires en argile ou en or entre 500 av. J.-C. et 1536. Des pièces péruviennes à 8 trous montrent une avancée technique notable.
- En Asie, le xun repose sur des principes acoustiques proches de ceux des ocarinas.
- Les Chibchas ont produit des objets en argile et en or, témoignant d’une grande ingéniosité.
- La technique du souffle sur le bord extérieur distingue le xun.
- Des exemplaires péruviens à 8 trous attestent d’une maîtrise des notes.
- La forme ovoïde a facilité la diffusion de ces instruments à travers les continents.
Ces vestiges montrent comment différentes cultures ont façonné le parcours de l’ocarina avant son arrivée en Europe.
La transformation de l’instrument en Europe
Le passage de ces petits instruments du Nouveau Monde aux cours européennes a marqué un tournant culturel majeur. Après une période de désuétude, leur redécouverte liée aux expéditions coloniales a ravivé l’intérêt pour ce timbre singulier.

En 1527, des musiciens aztèques présentés à Charles Quint ont fasciné la cour par leurs interprétations. Cette découverte directe a montré que ces objets pouvaient dépasser leur rôle de jouet pour devenir de véritables instruments de musique.
Parallèlement, l’Europe connaissait des modèles locaux, comme le gemshorn, né au XVe siècle en Allemagne et fabriqué dans une corne de chamois évidée. Ces échanges ont encouragé l’adaptation aux matériaux disponibles et aux goûts des musiciens.
Il en résulta une diffusion progressive : curiosité d’abord, puis adoption. Les ocarinas se sont intégrés dans plusieurs cultures européennes et ont évolué pour répondre aux besoins pratiques et esthétiques des interprètes.
« La rencontre des sons a transformé des objets populaires en instruments respectés. »
Giuseppe Donati et la naissance de l’ocarina moderne
À Budrio, en 1853, un jeune briquetier changea le destin d’un petit instrument à vent. Giuseppe Donati, alors âgé de 17 ans, modela en terre cuite un instrument à la fois simple et complet.
Son modèle classique comportait 10 trous. Cette configuration permit de jouer une gamme complète de notes avec précision.
L’invention du modèle classique
Donati travailla la forme pour optimiser la justesse et la puissance. La mise au point technique transforma un objet souvent vu comme un jouet en un véritable instrument de musique.
En 1864, il créa le « Gruppo Ocarinistico Budriese » pour diffuser son modèle dans toute l’Europe.
L’étymologie du nom
Le terme vient du mot « ucarèina », issu du patois de Bologne, qui évoque une petite tête d’oie. La ressemblance des contours inspira le nom désormais courant.

- 1853 : modèle à 10 trous en terre cuite.
- Transformation d’un jouet en instrument respecté.
- Diffusion organisée grâce au groupe créé en 1864.
| Année | Événement | Caractéristique |
|---|---|---|
| 1853 | Invention par Giuseppe Donati à Budrio | Modèle en terre, 10 trous, forme ovoïde |
| 1864 | Création du Gruppo Ocarinistico Budriese | Promotion et standardisation du modèle |
| Fin du XIXe siècle | Adoption dans le milieu musical européen | Reconnaissance comme instrument sérieux |
Pour en savoir plus sur l’histoire et l’évolution de cet instrument, consultez notre guide pratique sur l’instrument ocarina.
Les évolutions techniques et les nouveaux modèles
Les innovations du XXe siècle ont profondément enrichi la palette sonore de cet instrument populaire.
L’apport du modèle à douze trous
En 1928, le sculpteur japonais Takashi Aketagawa ajouta deux trous au modèle classique. Cette conception à 12 trous améliora la justesse et étendit la tessiture.
Les chambres multiples
Les modèles à deux ou trois chambres permettent d’étendre la gamme et de jouer des accords. Ces dispositifs ouvrent de nouvelles possibilités pour les musiciens.
Les matériaux de fabrication
Les matériaux de fabrication varient : porcelaine, bois, métal ou plastique moderne. Chaque matériau influe sur la couleur sonore et la durabilité.
Ces progrès ont transformé l’ocarina en un instrument polyvalent. Les ocarinas contemporains offrent davantage de trous, une prise en main transversale et une tessiture proche de celle de la flûte. Ils permettent de jouer des notes plus précises et des phrasés plus expressifs.
Le rôle de la culture populaire dans sa redécouverte
La culture populaire a remis cet instrument au cœur de l’imaginaire collectif grâce à des œuvres marquantes.
Le jeu vidéo The Legend of Zelda: Ocarina of Time (1998) a joué un rôle décisif. Dans cette aventure, le héros utilise un ocarina pour avancer dans l’histoire. Cet usage a gravé l’image de l’objet dans la mémoire d’une génération entière.
Le cinéma y a aussi contribué. Ennio Morricone a intégré un arghilofono grave dans Le Bon, la Brute et le Truand (1966), ajoutant une couleur singulière à la bande sonore. Des séries animées comme Albator ont renforcé cette aura poétique.

- Visibilité mondiale : les jeux et les films ont fait connaître l’instrument au grand public.
- Image : sa forme rappelant une tête d’oiseau facilite son identification visuelle.
- Renouveau : ces apparitions ont incité des publics variés à redécouvrir les ocarinas.
| Média | Année | Impact |
|---|---|---|
| Jeu vidéo (Zelda) | 1998 | Popularisation mondiale, hausse des recherches et des ventes |
| Cinéma (Morricone) | 1966 | Couleur sonore dramatique, intérêt des compositeurs |
| Séries animées | Années 1970–1990 | Image nostalgique, diffusion dans la culture populaire |
Pour approfondir l’histoire et choisir votre instrument, consultez notre guide pratique sur l’instrument ocarina.
Conseils pour choisir et entretenir votre instrument
Pour choisir le bon instrument, commencez par évaluer la qualité du matériau et la disposition des trous. Vérifiez le nombre de trous ; plus il y en a, plus la tessiture peut être étendue. Contrôlez la finesse de la terre cuite et la régularité des perçages.
Testez l’embouchure pour vous assurer de son confort lors de longues séances de jeu. Un modèle facile à tenir facilite la progression et aide à préserver la justesse des notes.
Pour l’achat, privilégiez les boutiques spécialisées. Par exemple, Instruments du Monde propose plus de 80 modèles adaptés à différents niveaux.
- Entretien : nettoyez délicatement les trous avec une tige souple pour éviter l’accumulation de poussière.
- Rangez l’instrument au sec et évitez les chocs thermiques.
- Privilégiez un modèle facile à transporter qui conserve une tessiture suffisante pour vos morceaux.
| Critère | Points à vérifier | Impact |
|---|---|---|
| Nombre de trous | 6 à 12, voire davantage | Tessiture et précision des notes |
| Matériau | Terre cuite, porcelaine, plastique | Couleur du son et durabilité |
| Embouchure | Forme et confort | Facilité de jeu |
Conclusion
Pour conclure, ce parcours montre comment un simple objet sonore a traversé les siècles pour devenir un véritable instrument de musique.
Son histoire puise ses racines dans des cultures millénaires et, grâce à Giuseppe Donati en 1853, il a gagné une place durable sur les scènes. La maîtrise des trous et des techniques de souffle permet d’obtenir des notes d’une grande précision.
Que vous débutiez ou soyez un musicien confirmé, de nombreux articles et guides pratiques vous aident à progresser. Si vous souhaitez expérimenter la fabrication maison, consultez notre tutoriel pour fabriquer un ocarina en argile.
En résumé, cet instrument continue de séduire par sa sonorité unique et sa capacité à traverser les époques.

